Le dernier client

de Sophie Verroest

Où il est question de Noël, de flocons, de salon de coiffure et de savon à barbe.

« La barbe du vieil homme était longue et broussailleuse et Fabien travailla d’abord aux ciseaux.  Puis il lava le visage ridé à l’eau chaude, appliqua la mousse par de légers mouvements circulaires et rasa délicatement la peau. ».

Le passé ?

de Jacques Bertin

Collection poétiques

…Des dates oubliées, des échos de batailles, des bouts de phrases d’ancêtres, des silhouettes célèbres ou inconnues, tout un fatras qui roule dans notre dos, qui se presse dans notre dos pour nous faire avancer, nous autres, petits hommes, héritiers malgré nous, ignorants et pourtant porteurs d’avenir. Le passé ? C’est l’Histoire ; et c’est ce qui fabrique de l’avenir.

Le bricoleur

de Jacques Fulgence

Où il est question d’une boîte à outils qui fait d’une maison un canot de sauvetage.

« L’une des assiettes bascula doucement, en heurta une autre qui en fit tinter une troisième (…) Satisfait, il sortit sur la pointe des pieds et monta à l’étage ».

Un autre verre

de Ahmed Kalouaz

Où il est question de bistrots, d’abbayes, de mémoire et de saisons.

« Même moi j’en oublie. Ce qui se passa, qui un jour passera. Le premier signe venu quand j’ai perdu mes clefs, et l’amour, et avec, la belle saison du temps des merveilles ».

Où vont les mots ? 

de Albane Gellé

Collection Poétiques

Où il est question de vent, de ballons, de mots, de souffle et de transmission.

« Puis j’ai glissé un mot à l’intérieur de chaque ballon.

Une fois que chaque ballon a eu son mot, j’ai gonflé tous les ballons.

C’est ce qui a été le plus fatigant, parce que je n’ai pas beaucoup de souffle.»

Mes bottes de 7 lieux

de Denis Péan

Collection Poétiques

Où il est question de voyages, d’odeurs, de couleurs, de 7 ailleurs.

« La ruelle est bordée de choux énormes, d’assortiments plastiques, de pinces multicolores… le boniment des maraîchers glisse sur les cagettes de citrons, les tréteaux de culottes-panthère, de savates roses aux écussons de fils d’argent brodées.»

Nosce te ipsum

de Nathalie Labarre

Où il est question d’une très vieille armoire, d’un grand-père et d’un petit garçon curieux.

« Il attrapa une troisième boîte, malgré son coeur qui battait à tout rompre…»

Manger avant d’avoir faim

de Paul Fournel

Où il est question de vélo, d’ exploits, de côtes, de descentes et de galettes de riz pâteuses…

« Nous fîmes une belle montée du col de la République au milieu des hordes, je me sentais gaillard. Mon père qui possédait parfaitement la science de mon train me ménageait sans m’endormir et nous allions à une gentille cadence.»

Rendez-vous manqués

de Victor Hugo

Collection Poétiques

Où il est question de  merles, de fée, de Rose et de ratés.

Deux poèmes de Victor Hugo, deux couleurs  pour deux histoires d’amour…  sans lendemain !

Kate

de Joël Egloff

Où il est question de station Antarctique, de plomberie, de verbes irréguliers, de manchots et de tout ce que nous réserve l’existence.

« (…) et puis plus rien d’autre à faire qu’à attendre la fin de la journée, m’asseoir au bord de l’eau et regarder passer les icebergs à l’horizon. »

Le sens du béret

de Frédéric Magnin

Où il est question de regard porté sur les choses, de bon sens et de bons mots.

Ce « sens du béret » est un extrait d’un travail quotidien d’un an. Tous les jours je publiais, sur Facebook, un petit texte, aphorisme, jeu de mots ou trouble de la pensée. Les dessins sont venus ensuite s’accoler aux textes, au hasard, à la manière de cadavres exquis.

Touriste 

de Christian Casoni

Où il est question de cordon ombilical, et d’une naissance qui en entraîne une autre.

« J’ai soulevé le drap du bout des doigts, pour être bien sûr que je n’avais pas rêvé… et j’ai vu son visage dans la pénombre. Ding, il a ouvert un oeil, il avait presque l’air en colère. » 

Au dehors, silence

de André Zémiri

Où il est question d’un fleuve, d’un tableau de maître, des perles d’un rideau et de rencontres.

« De la main, je lui fais un petit salut. Il ne parle jamais le premier et s’il ouvre la bouche c’est pour répéter vos derniers mots. Pourtant, cette fois : – Tu vas jamais à la messe, toi ? »

La réhabilitation

de Nicolette Cook

Où il est question d’un défunt cochon d’Inde prénommé Paulo, petite bombe à retardement.

« Il avait eu à manger. Il avait eu à boire. Il n’avait pas eu chaud. Il n’avait pas eu froid. On avait ramassé ses crottes sans faire les dégoûtés. On avait changé sa litière sans compter les sacs de sable. Et question tendresse, il avait été servi ! »

Papa-clown

de Vincent Cuvellier

Où il est question du métier des parents, de honte et d’admiration, de rapport au travail.

« Dans la classe, tout le monde est paralysé. Bouche bée. Yeux ronds. Y a même Candice qui se met à pleurer. – Bonyour les nenfants, crie mon père. »

Le noyau

de Myriam Nion

Où il est question de voisinage, d’un arbre fruitier, du temps qui passe et d’élagage intempestif.

« … le banc de Pépé. Il s’y asseyait quand il faisait très chaud, un bâton à la main, taquinait les fourmis et y mangeait des prunes. Après chaque prune dégustée, il jetait le noyau par-dessus son épaule, et hop, chez le voisin. »

En raison d’un problème d’impression, le noyau n’est pas encore disponible à la vente. Excusez-nous pour ce contretemps.

Non, merci !

de Edmond Rostand

Où il est question de bouffons, de ministres, de puissants, de veulerie et de liberté avant tout.

« … être seul, être libre, Avoir l’oeil qui regarde bien, la voix qui vibre, Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers, Pour un oui, pour un non, se battre, – ou faire un vers ! Travailler sans souci de gloire ou de fortune, A tel voyage, auquel on pense, dans la lune ! »

L’espérance

de Ahmed Kalouaz

Où il est question de pommiers et de pêcheurs, du vent du Sahara et de la patience des retours.

 » Lui, sur une pierre couverte de scories du désert, s’amuse à dessiner un visage et se souvient du bruit léger d’une robe qui glisse, d’une envie de naufrage au coeur d’une rivière douce. »

Juanita

de Franck Pavloff

Où il est question de violence et de dictature… de pureté et d’innocence.

 » L’armée, il l’a achetée, le peuple, il l’a soumis, un coup d’Etat sans bavure. Tout serait parfait si ce n’était ce ventilo qui patine au-dessus de sa tête sans brasser l’air. »

Le temps c’est de l’argent

(surtout s’il fait beau)

de Hervé Giraud

Où il est question de selfies, de siestes et de start-up.

 » On dit d’eux qu’ils sont jeunes, beaux et ambitieux. Ils disent d’eux la même chose : on est beaux, jeunes et ambitieux. Ensuite ils font un selfie avec la bouche en coeur… «